Archives du mot-clé gestion du temps

« Boucler » — les micro-délais quand on est maître de son temps

Un des effets de bords très intéressants de mon utilisation de la technique pomodoro (voir mes articles de juin et de juillet à ce sujet) c’est que je passe moins de temps à faire certaines choses.

Quand on est maître de son temps, et que comme moi on aime faire les choses bien, on prend le temps de les faire. Tant pis s’il faut passer 2h sur un e-mail. Alors, c’est pas mal, parce qu’on évite de stresser pour finir, mais ça veut aussi dire que des fois on passe plus de temps qu’il n’en faudrait à peaufiner chaque chose que l’on fait.

Bien sûr, il y a les « gros délais », qui font qu’on se retrouve à travailler des fois le dimanche ou tard dans la soirée (le moins possible, on espère), mais dans l’ensemble, la plupart de mes journées sont assez cool. Et là, je ne suis pas aussi efficace que je pourrais.

Alors mes tomates, elles m’aident, parce que quand j’ai prévu 1P(omodoro) pour écrire un e-mail, et que je vois arriver la fin des 25 minutes (« bon sang! plus que 3 minutes! ») j’avoue que ça m’encourage à donner un coup d’accélérateur pour boucler plutôt que de repartir dans une deuxième tomate.

Du coup, je me retrouve de plus en plus souvent à « faire en sorte » que ma tâche tienne dans le temps imparti. Ça ne marche pas toujours (des fois je découvre que ce n’était pas une mais trois tomates qu’il me fallait), mais régulièrement, j’évite de m’éterniser sur des activités qui se diluent avec le passage du temps.

La technique Pomodoro

Grâce à Delphine, j’ai découvert il y a quelques jours la technique Pomodoro. En quelques mots:

  • une minuterie (pas forcément en forme de tomate)
  • 25 minutes de travail concentré, 5 minutes de pause
  • une grosse pause tous les quatre Pomodoro
  • planifier les tâches de la journée à l’avance
  • une méthodologie pour gérer les interruptions
  • un système de reporting
  • méthode super low-tech (papier/crayon) et très simple

J’ai imprimé le ebook gratuit et l’ai mis à l’eclau pour consultation, mais vous pouvez aussi en lire plus en ligne (en français cette fois…) — essayez et faites-moi part de vos expériences! (J’ai commencé et je suis contente.)

Compter ses heures, mais pour soi-même

J’ai déjà expliqué longuement pourquoi je ne facture pas à l’heure. Tout d’abord, il y a le côté fastidieux de « noter ses heures », et d’être du coup moins libre dans sa distraction ou l’alternance des tâches. Mais surtout, le problème réside dans la relation client qu’instaure la facturation à l’heure. Ce qui compte pour le client, c’est ce qu’il va payer — et non pas le temps que vous avez passé à travailler. Le temps, comme indépendant, c’est votre affaire.

Depuis quelques mois, cependant, je pense régulièrement à compter mes heures. Pas pour mes clients, mais pour moi. Je ne suis pas une grande pro de la gestion du temps. Même si j’ai fait des progrès en la matière ces vingt dernières années, j’ai toujours pas mal de peine à évaluer combien de temps va me prendre une tâche. Et je sais qu’un moyen d’améliorer sa gestion du temps c’est de prendre conscience du temps que prennent les choses qu’on fait.

Je l’ai fait, dans le passé, version light:

  • une première fois, lorsque j’étais employée Orange, j’ai commencé à tenir un mini-blog style « journal de bord » de ce que j’accomplissais dans ma journée, parce que j’avais l’impression de stagner dans mon projet; c’est là que j’ai découvert que répondre à un e-mail, eh oui, ça pouvait prendre bien une heure, suivant les cas!
  • une deuxième fois, fin 2009, quand j’ai commencé à essayer de planifier mes semaines, après avoir atteint le stade où j’arrivais assez bien à évaluer ce que j’arrivais réalistement à faire dans une journée.

free time trackingAu début de ce mois, j’ai fait un pas de plus, avec les encouragements de mon amie Suw: j’ai installé un logiciel de « time tracking » très agréable à utiliser, Paymo. Paymo est gratuit. On s’inscrit, on définit des clients et des projets (même des tâches si on veut aller plus loin, mais là, franchement, c’est trop pour moi), et on télécharge le widget pour dashboard OSX.

Paymo Dashboard Widget (OSX)C’est ce widget qui rend vraiment les choses simples: on le fait apparaître avec la touche F12, on sélectionne son projet, on clique sur go, et on bosse. On peut après corriger ou rajouter des segments travaillés, si on a oublié de mettre la machine en route.

Facile et pas prise de tête. Pour ne pas me prendre la tête, justement, j’ai créé deux clients un peu bidon: « moi » et puis « conférences, formation, coaching » — cette dernière catégorie a un sens pour moi car ces clients sont souvent des « one-off » avec lesquels je ne bosse qu’une fois. Inutile de créer une entrée par client, du moment que je n’utilise Paymo que pour mon édification personnelle et pas pour ma facturation. (Oui, Paymo permet de faire un tas d’autre choses à côté de compter le temps, mais je choisis d’ignorer superbement tout ça pour me concentrer sur l’essentiel.)

Le client « moi », c’est celui qui encaisse les heures non facturables: administration, compta, networking, chat, blogging, et compagnie.

Je me réjouis de voir à quoi je passe mon temps, du coup!