Going Solo: un groupe facebook pour indépendants

Il y a quelques années de cela (en 2008) j’ai organisé à Lausanne une conférence internationale d’une journée pour indépendants, Going Solo. Le thème: comment être indépendant à l’heure d’internet, dans un monde connecté.

On y a abordé tout un tas de sujets: comment se faire connaître, comment fixer ses prix, comment s’organiser, comment rompre l’isolement du travailleur solitaire, comment gérer l’équilibre entre vie privée et vie professionnelle… plein de thématiques qui vous sont familières si vous lisez régulièrement le blog de l’eclau. Les vidéos sont en ligne, profitez-en!

La conférence de Lausanne fut un succès, mais j’ai fait l’erreur de vouloir "partir en tournée" avec trop vite et trop près (à Leeds). J’ai compris ensuite que j’avais en fait "épuisé mon réseau" avec la première conférence: toutes les personnes que je pouvais atteindre et qui voulaient venir à la conférence y étaient venues, et trois mois plus tard et dans une autre ville européenne, il n’y avait plus assez de monde dans mon réseau pour remplir la conférence.

J’ai donc pris la difficile décision d’annuler Going Solo Leeds et de remplacer la conférence par une rencontre plus informelle de type barcamp, SoloCamp. Et en fait, ça a super bien marché. On était une vingtaine, on a fait un tour de salle pour se mettre d’accord sur les thématiques à aborder, et différents participants ont animé les discussions qui ont suivi. On a mis le tout sur un wiki (il y a un peu de spam, désolée).

Vous savez quoi? En me replongeant là-dedans, j’ai assez envie de mettre sur pied un SoloCamp francophone à Lausanne. Ça pourrait être sympa, non?

Mais je digresse.

J’ai eu envie, juste après Going Solo et SoloCamp, de garder cette belle énergie et en faire quelque chose. J’ai tenté de lancer une liste de discussion par e-mail pour qu’on puisse continuer à échanger online, mais, mauvais timing ou mauvaise gestion, ça n’a pas pris.

Maintenant, quatre ans plus tard, avec le groupe Facebook Going Solo, ça y est. 45 personnes, des discussions actives tous les jours, du cas particulier ("qu’est-ce que je fais dans telle ou telle situation?") au général ("comment organisez-vous vos matinées?"). C’est un groupe bilingue, on y parle indifféremment anglais ou français, même si en ce moment il y a surtout de l’anglais (mais n’hésitez pas à répondre en français!) et il y a aussi bien des Lausannois(es) que des gens de l’autre bout de la planète!

Je me réjouis de vous y retrouver.

Mardi, mardi… webmardi!

Le prochain webmardi aura lieu à l’eclau le 4 septembre dès 19h.

Le webmardi, c’est "une rencontre mensuelle des professionnels de l’informatique et du web de Suisse Romande". Présentation d’une petite heure, puis apéro. Sympa event pour les geeks du coin!

Le thème de la semaine prochaine c’est "OpenData, LinkedData & Smart Cities", avec une présentation par Charles (@deromemont) sur l’opendata, le linked data, les solutions techniques (SPARQL et RDF) et les applications dans l’avenir.

Ça fait longtemps que je cherche une excuse pour aller à un webmardi: la voilà toute trouvée, en offrant l’eclau pour l’héberger!

Inscrivez-vous si vous voulez venir.

Bonus! Le questions-réponses de l’interview pour le Financial Times

Bonus! Voici le questions-réponses original, en anglais, pour l’article sur le coworking dans le Financial Times. Reproduit bien entendu avec la permission de Ian.

When/why did you set up eclau?

I set up eclau in November 2008. I’d been interested in coworking for a while, and after I organized the Going Solo conference in Lausanne, other interested freelancers motivated me to actively pursue the project of opening a space in Lausanne (there were none).
How much were you driven by creating something you needed yourself?

Very much! I’d just spent about four months early 2008 working non-stop for Going Solo. I’d collapse in bed in the evening with the computer next to me, and grab it again as soon as my eyes were open. Realize at 4pm that I was hungry, still in my dressing-gown and in bed. Sound familiar?

At that point the idea of having a separate place to work seemed more attractive. Until then I’d been quite happy to stay at home and work with my cat on my lap.

I set up eclau as the workspace I wanted, and it attracts people who are looking for something similar.

What’s the mix of residents in terms of business sector/role/discipline?

A couple of developers, an architect, a translator, a music consultant, a social media consultant (me!), a communication consultant (maybe a second one soon), a language teacher…

Eclau aims to attract primarily people who are really freelancers and work solo. We have some entrepreneurial-minded people, but not many — the space is not really designed for companies.

In a world where wifi is everywhere and people can work out of local coffee shops, why do you think co-working spaces are still popular?

In Lausanne, wifi is definitely not everywhere! A coworking space offers interaction (here in Switzerland you don’t usually strike up a conversation with the person at the table next to you in the café) and calm to concentrate on work. Over time, ties are created between those who use the coworking space.Here in Switzerland, I wouldn’t say coworking spaces are "still" popular. It’s a very new idea for people. Swiss culture likes institutions — the informal coworking format takes many out of their comfort zone.
Has eclau seen any good examples of collaboration or cross-pollination on projects/ideas?

Yes, definitely! A video-game entrepreneur got together with a designer to publish a magazine selling derived products from the game (this actually became the entrepreneur’s main business). Two developers started a company together. A stylist and the aforementioned video-game entrepreneur moved on from the coworking space to set up their own office-shop in which they could keep their stock and display it. Coworkers also regularly use each other’s professional services — barter or invoices.
How much of a factor is social interaction for attracting people to coworking spaces?

I think it’s an important factor, though I’m wary of putting the "co" before the "working". Some spaces have so much going on to feed the "social interaction" side (events, lunches, brainstorms, involving the community) that people end up not being able to work properly at the coworking space!

I think solo workers need interaction and contacts with their peers, but it doesn’t have to come in massive doses. People have a chat during break, sometimes launch into a bigger conversation, get to know each other over time. It happens naturally.

L’eclau dans le Financial Times

De temps en temps il y a un article sur le coworking qui parle de l’eclau. De temps en temps avec une photo. L’autre jour, Ian Sanders m’a demandé si je pouvais répondre à quelques questions pour un article qu’il était en train de préparer.

Je passe les détails, mais on s’est soudain retrouvés avec un photoshoot "dernière minute" à l’eclau la semaine dernière. Je pensais que ce serait pour illustré un petit encart consacré à chaque espace coworking mentionné — mais non, c’est la photo qui illustre l’article!

Je vous laisse le lire ici en PDF ou bien en ligne, si vous n’avez pas peur du "register-wall" du Financial Times: The lure of the water cooler.

Premier lunch de l’eclau

L’eclau, c’est principalement un endroit où travailler, mais c’est effectivement aussi l’occasion pour nous tous de rencontrer d’autres indépendants et d’échanger un peu.

Au fil des années, l’eclau a ainsi été le lieu d’apéros, de p’tits déjs, et de jellys. L’arrivée à Lausanne du pique-nique de la Muse et la présence à l’eclau d’une petite équipe de coworkers qui commence à se connaître m’ont incitées à remettre quelque chose en route — ça commençait de toute façon à me trotter dans la tête.

Lundi a donc eu lieu, sans trop de tambours ni de trompettes, mais avec de la bonne humeur et une chouette discussion, le premier lunch de l’eclau. On a décidé de s’en tenir à une formule mensuelle, style "pique-nique canadien" (chacun apporte quelque chose à partager), le premier lundi du mois, à midi.

Le lunch est ouvert à tous: membres réguliers et occasionnels de l’eclau, amis, autres indépendants. Contactez-moi tout simplement si vous désirez venir!

Conférence Coworking Europe à Paris, 8-10 novembre 2012

Le coworking, ce n’est pas juste avoir des espaces coworking chacun dans son coin. C’est aussi un mouvement mondial, des réflexions entre animateurs ou membres d’espaces, et une conférence annuelle, Coworking Europe en Europe, qui a lieu cette année à Paris du 8 au 10 novembre.

Si le coworking vous intéresse, soit que vous soyez impliqué d’une façon ou d’une autre dans un espace coworking, soit que le phénomène vous interpelle d’un point de vue évolution sociale/économique, vous avez jusqu’au 31 juillet pour obtenir votre entrée pour les 3 jours de la conférence au modeste tarif de 110€. Ce serait dommage de se priver!

Pour ma part, je ferai partie du panel qui débattra de la thématique "bureaux fixes ou hot-desking". J’ai en effet mené une réflexion de fond à ce sujet pour l’eclau et je suis ravie d’avoir l’opportunité de partager mon expérience.

Jetez un coup d’oeil à la liste des orateurs (je suis en bonne compagnie) et au programme (il y en a pour tous!), enregistrez-vous, et on se verra à Paris!

Déconnecter

J’ai déjà parlé de l’importance de prendre des vacances. Il est aussi important de déconnecter, de se débrancher d’internet, voire de la technologie. La vitesse du temps change quand on fait ça. On revient plus posé, avec plus de recul. Bien sûr, petit à petit le rythme de vie connecté revient, et on répète l’opération.

Mon inspiration principale? Danah boyd, qui décroche chaque année un mois durant, tuant son e-mail durant cette période. D’autres qui décrochent? Thierry Crouzet, option "cure de désintox". Cathy Brooks, pour une pause "hygiène numérique" deux fois par an.

Pour ma part, j’ai une semaine de vacances dans le Sud de la France chaque année (peu d’électricité, pas de réseau), et mon chalet est une zone "non-travail/non-internet".

Les échanges que j’ai pu avoir sur le sujets m’ont amenée à la conclusion que le "problème" lorsqu’il s’agit de déconnecter n’est pas vraiment internet ou la connectitude en soi. C’est le travail, d’abord — une difficulté réelle à prendre de vraies vacances où l’on ne travaille pas — et puis l’attachement à ce rythme de vie occupé-où-l’on-court qui nous épargne l’inconfort de regarder de plus près notre vie, nos relations, nous-mêmes.

Est-ce que vous débranchez? Quand et comment?