Archives de l’auteur : Stephanie Booth

A propos Stephanie Booth

Blogging since 2000, and still at it. Sailing, skiing, judo-ing. Geek with social skills. Freelance consultant, speaker, trainer, thinker. Social media without the hype.

Comment se lancer?

Discussion il y a quelques temps avec une visiteuse à l’eclau. Elle a envie de se mettre à son compte, est encore employée, prépare gentiment le terrain. Notre sympathique discussion m’a donné envie de mettre par écrit quelque conseils.

Tout d’abord, suivant le domaine dans lequel on se lance, et suivant la maturité de son projet d’indépendance professionnelle, il peut valoir la peine de réfléchir un peu à son positionnement. Qu’est-ce qu’on va offrir exactement? En quoi va-t-on se différencier de tous les autres qui offrent des services similaires ou voisins?

Pour s’aider à ça, si on patauge un peu, ça vaut la peine de se plonger un peu dans Business Model You (basé sur le célèbre Business Model Generation). Une méthode qui vous prend par la main pour réfléchir à vos services, votre clientèle, comment vous allez communiquer, et comment transformer tout ça en revenu.

La deuxième question qui se pose toujours c’est « mais comment trouver des clients? » Là, les conseils que j’ai à donner suivent comment j’ai fait les choses: faire en sorte que les gens puissent me trouver. Réseauter, bien sûr, mais surtout, se rendre visible en ligne: écrire un blog.

Dans ce blog, on va parler de notre domaine d’expertise, avec une approche « j’explique à mes amis ou connaissances autour d’un bon repas ». Détendu, pas « bullshit » ni « marketing ». Just raconter simplement. Pas besoin de faire un article par jour — si on démarre déjà avec un par semaine, au bout de six mois on aura un corpus d’une trentaine d’articles qui

  1. permettront à un éventuel futur client de découvrir votre existence (merci Google, merci les partages sur Facebook);
  2. permettront à un client intéressé de constater l’existence de votre expertise (ça remplace un peu la recommandation de bouche à oreille).

Ce qui est important, avec le blog, c’est de ne pas essayer de « vendre » ou « se promouvoir ». Il faut rester branché partage, être utile, parler de ce qui nous intéresse. Ecrivez des choses qui sont déjà à peu de choses près dans votre tête — n’allez pas faire des grandes recherches pour faire un article. C’est ce que vous savez qu’il s’agit de documenter, pas ce que vous êtes capable de trouver à coups de Google ou Wikipedia.

Posez-vous la question: « qu’est-ce qui serait utile aux gens qui pourraient un jour devenir mes clients? » Votre blog, c’est l’endroit où vous donnez gratuitement, et pas forcément (probablement pas, en fait) les choses que vous vendez. Si vous dépannez quelqu’un grâce à vos écrits, et qu’un jour il a besoin de services que vous offrez, il est bien possible qu’il vienne frapper à votre porte…

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Rentabiliser l’espace… ou pas

Depuis quelques mois, les gérants d’espaces coworking de Suisse Romande font connaissance et se rencontrent régulièrement. Ça nous permet de mieux nous connaître, de discuter avec des pairs de nos problématiques de gestion (quand on en a!), de conseiller ceux qui démarrent, etc.

En Suisse Allemande, ça bouge aussi (malheureusement, et pas faute de vouloir faire autrement, un peu de l’autre côté de la barrière des roesti, mais on y travaille), avec la création de Coworking Switzerland.

Je me rends compte avec ces discussions que les préoccupations des gestionnaires d’espace qui font ça « à côté » (comme moi) ou bien « comme job », diffèrent parfois. Par exemple, un point qui est souvent à l’ordre du jour pour beaucoup de gestionnaires (pas juste romands, c’est quelque chose dont on parlait déjà beaucoup à Coworking Europe à Paris), c’est la rentabilisation de l’espace.

Des initiatives comme PopUpOffice ou Copass fleurissent. Ce sont de bonnes initiatives, mais quand je les regarde froidement en me demandant en quoi elles serviraient l’espace que je gère, je ne vois pas. L’eclau est un petit espace, qui ne cherche pas à être profitable, juste à rentrer dans ses frais, et où on ne veut surtout pas « remplir les sièges vides » avec des personnes qui ne sont pas membres (réguliers ou occasionnels).

Ça ne veut pas dire qu’on est fermés aux visiteurs. On a régulièrement des gens de passage qui viennent quelques jours, ou pas plus tard que l’autre semaine, une personne qui est venue travailler à l’eclau 3 jours en attendant que le wifi soit installé chez elle. L’eclau a d’ailleurs dès le début été inscrit au Coworking Visa, accord léger qui vise à faciliter la mobilité des coworkers entre les espaces.

Le coworking prend des formes extrêmement variées. Et je pense que dans une typologie des espaces ou des gestionnaires, la question « est-ce ton job principal ou une activité accessoire » est déterminante.

Fluctuations

Je me souviens de la première fois que j’ai vraiment porté mon attention sur cette idée: ma soeur, qui gère depuis de nombreuses années un centre de loisirs pour enfants et adolescents, m’expliquait que la fluctuation de fréquentation du lieu était un phénomène connu des sciences sociales. Il y a des « générations » de jeunes qui occupent l’espace, des équipes soudées, actives et impliquées, qui en quelque sorte ne « laissent pas la place » à la relève. Pas exprès, bien sûr. Mais souvent il faut attendre que les « anciens » s’en aillent pour que le centre se remplisse à nouveau.

A l’occasion d’un de mes séminaires de philosophie à l’uni, j’ai compris aussi que la vie était un permanent déséquilibre. Les reactions chimiques mêmes qui font vivre un organisme sont des réactions oscillantes, qui n’atteignent en fait jamais (ou très lentement) leur point d’équilibre.

Ça se voit à l’échelle macro de la vie, de nos vies: il y a des périodes ou tout s’accumule, puis où tout est calme. En tant qu’indépendant, on connaît bien le cycle famine/abondance.

Et à l’eclau, je le vois aussi. En ce moment, l’espace coworking lausannois accueille toute une équipe de coworkers qui fréquentent très régulièrement les lieux. Le taux d’occupation est élevé. C’est très sympa! Cet été, c’était le désert. Ça fluctue.

Je me souviens aussi, il y a quelques années, d’un eclau essentiellement féminin. Maintenant, il y a nettement plus d’hommes que de femmes. Fluctuation également!

Je crois qu’on finit par être en paix avec sa vie et ses projets si on accepte que leur équilibre sera toujours instable. La vie, c’est le mouvement.

Liste de choses faites, ou à faire?

La « to-do list », ou liste de choses à faire, est problématique. Elle est source de culpabilité, parce qu’elle contient souvent un mélange de tâches atomiques faisables immédiatement (les « next actions » de la méthode Getting Things Done) et d’objectifs voire de projets plus ou moins nébuleux.

On y trouve des choses comme « compta » (alors que c’est deux jours de travail) ou « migration serveur » (alors que je n’ai pas la moindre idée par où commencer). Mieux: « classer tickets par mois » ou « trouver codes d’accès nouveau serveur ».

Bref.

Un autre problème des listes de choses à faire c’est qu’elles sont incomplètes. A moins d’avoir un système extrêmement rigoureux, une bonne partie des choses que l’on fait dans sa journée n’est pas sur la liste des tâches. On voit du coup l’intérêt de tenir un « journal » des choses faites, qui nous permet d’avoir un regard plus réaliste sur notre productivité et ce qu’on accomplit.

Et de culpabiliser moins!

Faut-il suivre ses passions pour s’épanouir professionnellement?

Contrairement au dogme bien répandu, suivre ses passions n’est pas un gage de succès et d’épanouissement professionnel. Oh, j’ai sûrement dû donner ce mauvais conseil une fois ou l’autre, et je m’en repens. Mais j’ai toujours aussi insisté sur le fait qu’il doit y avoir un marché pour ce qu’on fait.

Dans cette vidéo de 30 minutes, Cal Newport explique d’où vient cette idée reçue que suivre ses passions pour définir sa carrière est une bonne idée — point culminant, le fameux speech de 2005 à Stanford de Steve Jobs. Prenant pour exemple Steve Jobs, justement, qui n’a pas fait pour sa carrière ce qu’il recommande dans ce speech (sinon il aurait sans doute fini instructeur dans un centre de méditation!), Cal propose une autre voie: devenir suffisamment bon à quelque chose qui a de la valeur pour autrui qu’on peut utiliser ces compétences comme levier pour se construire une vie qui tienne compte de ce qui est important pour nous.

Alors certes, il faut avoir de l’intérêt pour cette chose (assez pour persévérer dans sa maîtrise), mais ça n’a pas besoin d’être une passion. Et il peut y avoir plus d’une option viable pour chacun. En fin de compte, ce n’est pas tant la tâche exacte que l’on fera pour gagner sa croûte qui importe, mais ce qu’elle nous permet d’injecter dans notre vie. Et ce qui n’empêche pas, bien au contraire, d’aimer ce qu’on fait.

Cal l’explique bien mieux que moi, regardez cette vidéo (pendant le petit-déjeûner demain si maintenant n’est pas un bon moment.)

Pour en savoir plus sur la recherche de Cal, lisez son livre « So Good They Can’t Ignore You« .

 

 

L’eclau en trois minutes (vidéo)

Hier soir a eu lieu un First Rezonance intitulé Génération CO: coworking, cocréation and co. Les espaces coworking de la région étaient invitées à se présenter — j’ai donc fait le déplacement sur Genève pour aller parler de l’eclau quelques minutes.

Un grand grand merci à Bruno Chanel qui a eu la gentillesse de tenir la caméra pour filmer mon intervention.

Reprise des lunches mensuels des coworkers

Après une petite pause hivernale, les pique-niques canadiens mensuels des coworkers de l’eclau reprennent lundi qui vient (3 mars).

Ces repas informels et sympathiques sont surtout fréquentés par les coworkers (présents et passés) mais ils sont ouverts à tous. On partage nourriture et idées, des fois quelqu’un amène un sujet de discussion ou un problème épineux, des fois on parle juste de choses et d’autres.

Pour venir, me contacter ou bien s’inscrire sur facebook.